Poisson cru et riz : le poke partage des ingrédients avec le sushi, ce qui prête souvent à confusion. La différence est pourtant nette. Le sushi est un art d'assemblage : le riz vinaigré et le poisson y sont façonnés à la main en bouchées précises — nigiri, maki, california roll —, pièce par pièce. Le poke, lui, déconstruit cette logique : les mêmes familles d'ingrédients sont servies en vrac dans un bol, mélangées, généreuses, rapides à assembler. Là où le sushi est ciselé, le poke est rustique et convivial.
On le confond aussi avec le ceviche, d'origine sud-américaine. Les deux mettent en scène du poisson cru, mais leur traitement diffère : le ceviche « cuit » le poisson par l'acidité d'un jus d'agrume (citron vert), ce qui en change la texture et la couleur. Le poke, lui, laisse le poisson réellement cru, simplement mariné à la sauce soja et au sésame : il reste fondant et translucide.
Enfin, le poke n'est pas non plus un simple buddha bowl : ce dernier désigne n'importe quel bol végétal équilibré, sans référence au poisson ni à la tradition hawaïenne. Le poke, lui, garde son ancrage : un plat né de la mer, autour du poisson mariné.